Il y a parfois des coïncidences de calendrier qui disent beaucoup plus que de longs discours. Cette année, le croisement du Ramadan, du Carême et du Nouvel An chinois offre une image rare : trois temps forts spirituels et culturels qui se répondent presque simultanément.
D’un côté, le Ramadan, mois de jeûne, de prière et de discipline intérieure pour les musulmans, rythme les journées entre retenue et recueillement. De l’autre, le Carême invite les chrétiens à la sobriété, à la réflexion et au recentrage sur l’essentiel. À plusieurs milliers de kilomètres, le Nouvel An chinois ouvre une nouvelle année lunaire, marquée par le renouveau, les retrouvailles familiales et l’espoir de prospérité.
Ce qui frappe, au-delà des différences de traditions, c’est la convergence des intentions. Dans les mosquées, les églises ou autour des tables familiales décorées de rouge et d’or, il est question de purification, de recommencement, de patience et d’espérance. Trois chemins distincts, mais une même idée : faire une pause, regarder en soi, et repartir autrement.
Le Ramadan et le Carême partagent même une proximité presque symbolique : le jeûne, la maîtrise de soi, l’attention aux autres, le don. Le Nouvel An chinois, lui, ne s’inscrit pas dans la privation mais dans l’élan. Pourtant, il porte lui aussi cette notion de cycle, de fin et de renaissance, comme un rappel que le temps n’est jamais figé.
Dans un monde souvent fracturé par les identités et les appartenances, cette superposition des calendriers agit comme un clin d’œil. Elle rappelle que les sociétés humaines, malgré leurs croyances différentes, traversent les mêmes saisons intérieures : le besoin de sens, de pardon, de solidarité et de renouveau.
Il ne s’agit pas d’effacer les spécificités, encore moins de les confondre. Mais de constater que, parfois, les astres, les lunes et les traditions s’alignent pour offrir un moment suspendu. Un moment où, sous des formes différentes, des millions de personnes ralentissent, prient, espèrent, célèbrent ou se réinventent.

Et dans cette coïncidence presque poétique, il y a peut-être un message simple : nos calendriers ne racontent pas seulement le temps qui passe, ils racontent aussi notre manière, universelle, de chercher la lumière.
Stvsn
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